Fermer son commerce ou s’adapter? Qu’en pensez-vous?


Mon commerce n’est plus rentable, je ferme!

Malheureusement, depuis plusieurs mois, cette phrase résonne très fréquemment dans les médias, avec des annonces, plus ou moins surprenantes, de magasins ou d’enseignes qui stoppent (ou réduisent) leurs activités, à Québec, dans la province, voire même au Canada.

Nous avons pensé qu’il serait intéressant de comprendre mieux les diverses raisons qui poussent commerces et enseignes à fermer dans un contexte où bon nombre d’entreprises ont nécessité de se remettre en question.

Tous les secteurs d’activités sont touchés

Que ce soit Hart en 2011, Bestbuy en 2013 et plus récemment Sony, Target, Sears, le Jardin mobile, Bedo, Aéropostale, Mexx, Jacob, Holt Renfrew, quelques 9 boutiques de Place Ste-foy à Québec (dont les les bannières San Francisco, Cuirs Danier, Brissot, Bombay et Manteaux Manteaux, les Ailes de la Mode, en plus de Jacob et Holt Renfrew), etc., on voit que de nombreux secteurs d’activités sont concernés par des fermetures totales de magasins ou des réductions du nombre de leurs points de vente. Et toutes les tailles d’entreprises et tous les secteurs d’activités sont touchés!

Commerces peu rentables ou devenus inappropriés face aux nouveaux comportements des consommateurs, chacune des enseignes a des raisons bien particulières. Certains diront que le commerce électronique est aussi en cause dans les difficultés que connaissent les détaillants : « C’est venu prendre des parts de marché : 30 % dans tout ce qui est produits électroniques et 20 % dans tout ce qui est livres, disques et autres. Ça fait mal. », selon Jacques Nantel, professeur en consommation et marketing à HEC Montréal.

La consommation n’est plus la même

shopping-mall-509536_1280Doit-on absolument mettre en cause le commerce en ligne?

On ne peut le nier le commerce en ligne a un effet sur le commerce traditionnel : marketing et communications agressifs, tarifs alléchants, renouvellement rapide de l’offre en ligne, ouverture sur des produits internationaux, possibilité de produits personnalisés ou atypiques, autant de facteurs qui peuvent avoir des effets néfastes sur des commerces dits traditionnels incapables de faire face à des géants de la consommation bien implantés sur le Web.

Mais il faut être honnête, d’autres facteurs tout aussi importants entrent en jeu :

  1. l’attrait du Canada pour certaines marques qui pensent que notre économie va mieux qu’ailleurs a élargi l’offre – mais pas le nombre de clients pour autant
  2. la duplication d’offres déjà existantes, c’est le cas de Target notamment qui n’a rien apporté de différent du géant Walmart au Canada
  3. l’accroissement démographique très faible qui ne permet pas de faire grossir rapidement la « tarte de la consommation »
  4. le changement de comportement des consommateurs : ils sont mieux informés, plus infidèles et sont connectés avant et pendant leurs achats pour mieux comparer et choisir.

Certaines enseignes ont entrepris un virage numérique à temps pour offrir une offre « multicanal » avec succès, en maintenant à la fois des boutiques pour permettre aux consommateurs d’examiner/essayer les produits, et à la fois une présence numérique pour vendre en ligne, et combiner ainsi deux modèles d’affaires qui pourraient s’opposer à priori.

La nécessité de faire évoluer son modèle d’affaires

À qui, à quoi la faute?

  1. une prise de conscience tardive de la nécessité d’être présent sur Internet et d’y interagir. Le presse papier, la circulaire ne sont plus les moyen privilégiés de se faire connaitre, et n’offrent pas surtout d’interactions avec les consommateurs : seulement 45% des entreprises canadiennes possèdent un site Web (et je ne parle pas là de commerce électronique)
  2. l’incapacité de beaucoup d’entreprises à s’adapter aux nouveaux modes de consommation, à la concurrence venue d’ailleurs ou à une nécessité de mieux opérationnaliser leurs activités et dégager des marges plus importantes qui leur permettraient de gérer une croissance plus saine
  3. des secteurs d’activités fragilisés : plus vraie pour l’agriculture qui dépend des conditions climatiques, la vente textile aussi est touchée dans sa forme de distribution traditionnelle. Ces deux secteurs feront l’objet d’une analyse plus approfondie dans des articles ultérieurs sans aucun doute!

smartphone-571961_1280Ce qui est certain, c’est que le commerce traditionnel est en train de changer. Force est de reconnaître qu’il n’est pas toujours facile pour des dirigeants de transformer une entreprise, soit en raison d’une culture traditionnelle ancrée, soit en raison de la résistance au changement de tiers, soit parce que les mesures prises n’ont pas tenu compte de l’ensemble des paramètres et conditions-clés d’un succès, enfin par une incompréhension aux besoins d’adaptation face aux « consom’acteurs » que sont devenus la plupart des clients de ces enseignes.
Nous constatons que pour réussir aujourd’hui un détaillant – quelque soit sa taille – doit bien choisir son marché et son créneau d’affaires. Il doit miser sur :

  • la différenciation avec sa concurrence : style, qualité, services, prix, etc…
  • bâtir une renommée solide et entretenue autant dans le monde physique que virtuel : les images de marques se font et se défont d’autant plus vite que le Web est omniprésent et interactif. La gestion de sa e-réputation devient un facteur clé dans sa réussite sur le Web
  • être capable de conjuguer différents modèles d’affaires selon ses orientations et ses objectifs
  • être là ou les clients sont ; sur le Web, sur le mobile, sur la tablette
  • et surtout comprendre qu’il doit placer le client est au cœur du processus d’achat. La vente sociale revêt ici toute son importance.

Le client change et dicte l’offre

 Le client, votre client, a tous les choix possibles et imaginables aujourd’hui, grâce à Internet et aux solutions mobiles. À vous de le rejoindre et non l’inverse!
 Le client, votre client, fait partie de « tribus », de communautés avec lesquelles il échange, constate, commente sur vous, même quand vous n’êtes pas sur Internet. À vous de discuter avec lui, il ne vous attendra pas!
 Le client, votre client, est devenu un « consom’acteur » : il participe au processus de création de produits, il fait et défait les tendances aussi rapidement que de le dire. À vous de vous adapter ou il ira ailleurs!

Fermer son commerce ou s’adapter?

Selon les données du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), c’est 2660 magasins qui ont fermé au Québec entre 2008 et 2013, soit une décroissance de 5,6%. Rien que pour 2014 c’est 100 000 emplois perdus dans le commerce de détail.
Et pourtant, le CQCD prévoit une bonne année pour le commerce de détail en 2015.

Pour se faire, le CQCD croit que les commerçants doivent utiliser les nouvelles technologies comme levier de croissance et s’ouvrir à l’international grâce au Web.

Et vous qu’en pensez-vous?

N’hésitez pas à nous faire part de vos réactions, commentaires ou analyses, il nous fera plaisir de vous écouter!

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2 réflexions sur “ Fermer son commerce ou s’adapter? Qu’en pensez-vous? ”

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