L’internet des objets : quoi faire avec cette « bêbête » là? – partie 3


L’Internet des objets : vers un eldorado économique?

Il est indéniable que l’internet des objets va offrir de nouveaux modèles d’affaires, à tous les niveaux de la chaine de production, et créateur de valeur ajoutée pour chacun.

Si l’on en croit les grands analystes de notre monde tels que Gartner, Forrester, IDC et consorts, l’internet des objets devraient permettre de mettre en relation d’ici 2012 plusieurs milliards d’objets sur notre planète d’un bout à l’autre et communicant en temps réel et 24/7 ensemble. Une étude de Cisco prévoit même que 99,4% des objets physiques seront connectés et de nouveaux seront inventés. Soit un marché représentant 14 000 milliards de dollars. On peut penser aux systèmes de santé connectés bien sûr, au transport automobile, aérien et fluvial, à la domotique et à tout ce qui touche le monde du sport et des loisirs.

L’Internet des objets est donc une avenue très prometteuse tant sur le plan commercial, économique que technique, quoique de nombreux défis restent encore à relever :

  • Au niveau technologique :
    • Les normes et standards de développement autour des applications et ponts technologiques doivent être mis en place
    • Les systèmes de télécommunication devront soutenir les flux d’information
    • Il faudra pouvoir répondre – et financer – aux besoins d’intégration des solutions dans les entreprises dont les systèmes d’information sont souvent disparates, voire même parfois désuets
  • Au niveau des professionnels :
    • De nouveaux modèles d’affaires sont à découvrir et à mettre en place pour rester dans la course face à sa concurrence
    • Les entreprises devront répondre aux défis des ressources humaines par une mise à niveau des compétences des professionnels œuvrant dans ces nouveaux environnements et donc devoir faire face éventuellement à un risque de main d’œuvre dépassée et devenue… inutile
  • Au niveau de la sécurité :
    • La gestion des données tant sur un plan du nombre (cueillette des données, hébergement de celles-ci et exploitation) que la sécurité entourant toutes ces données collectées (risques de piratage, respect de la vie privée, etc.) vont devoir être adressées
  • Au niveau des consommateurs :
    • On va assister à un déferlement de nouveaux produits ou de solutions toujours plus alléchants, souvent désuets en quelques mois, et donc à un risque de surabondance de consommation addictive
  • Enfin sur un plan politique :
    • Comment intégrer dans des plans de développement économiques de pays et/ou de régions toutes ces nouvelles opportunités de développement industriel tout en gérant les risques liés à l’emploi, aux dérapages financiers et au cadre de responsabilité juridique dans un monde technologique dépourvu de frontières.

Doit-on considérer l’internet des objets comme une porte grande ouverte à une nouvelle révolution industrielle?

Si l’on considère les domaines d’applications que j’ai cité précédemment dans mes deux premiers articles (L’internet des objets : quoi faire avec cette « bêbête » là? – partie 1, L’internet des objets : quoi faire avec cette « bêbête » là? – partie 2), il n’est pas une étape de la vie des citoyens, pas un centre d’intérêt, pas un secteur économique qui ne soit directement touché ou en passe de l’être  par ces objets communicants. Il va sans dire donc que l’Internet des objets traverse ainsi toutes les couches de notre société et concerne tous les métiers de notre écosystème :

  • Les utilisateurs du quotidien, consommateurs que nous sommes, devenus des consom’acteurs
  • Les industries du numérique : les opérateurs télécom, les éditeurs de logiciels, les sociétés de services et d’intégration
  • Les entrepreneurs, porteurs de nouveaux concepts et d’innovation
  • Les industries qui conçoivent et produisent tous ces objets de plus en plus intelligents et communicants
  • Les industries dites traditionnelles qui les mettent en œuvre pour se ré-inventer (pensons à  l’agriculture par ex.)
  • Et, bien sûr, l’ensemble des institutions de nos pays.

Il apparait donc irréfutable que le chemin de l’Internet des objets est intimement lié aux évolutions des usages, aux modes de vie et de consommation ainsi qu’aux modèles économiques qui s’en trouvent bouleversés.

Tant la révolution est globale qu’il est difficile de se rendre compte concrètement de ce que sera l’Internet des objets demain. Voitures, vélos, lunettes, lentilles oculaires, thermostats, balances, podomètres, tuteurs pour plantes… chats, chiens, vaches, etc., de plus en plus d’ « objets » de notre vie quotidienne sont connectés et ont vocation à le devenir. Trois exemples d’écosystèmes connectés concrets permettent d’imaginer ce que peut être l’impact des objets connectés sur notre quotidien :

  • La santé connectée, avec la capacité offerte aux patients d’un suivi à distance en temps réel de leur état de santé : médecins, professionnels de la  santé, hôpitaux  et patients connectés
  • La ville connectée munie de capteurs et d’objets connectant toutes ses infrastructures, son administration et ses citoyens, de façon à suivre l’activité et à être apte, donc, à adapter sa logistique en fonction de données, et qui va permettre d’offrir un cadre de vie amélioré et une multitude de nouveaux services aux citoyens.
  • La maison connectée (la domotique) qui va permettre à chacun de contrôler à distance sa maison, son appartement et toutes les commodités qui y sont reliées : sérénité, confort, économie d’énergie, maintien à domicile et partage des contenus, une multitude de services est envisageable en connectant le mobilier et l’électroménager de notre maison entre eux.

Comme l’Internet des objets va permettre au monde physique et au monde numérique de se rejoindre, apportant de nouveaux produits et de nouvelles expériences aux consommateurs et utilisateurs, il est clair que nos modes de vie, nos besoins et leur consommation ainsi que nos modes d’interactions vont être totalement redéfinis. D’autant que la plupart des connections vont être centralisées via les tablettes et téléphones intelligents, qui vont devenir le centre névralgique des données et signaux connectés via les réseaux télécoms, nous rendant – s’il en  est encore possible, totalement dépendant de ces appareils connectés 24/7 et en temps réel.

Cependant …

L’être humain doit rester au cœur de l’innovation et de son industrialisation

Comme à chaque révolution industrielle, il devient nécessaire de repenser l’accompagnement des citoyens – consommateurs et travailleurs – en créant un nouveau tissu économique riche et qui va tenir compte de la réalité de nos capacités et compétences, de l’émergence et de l’usage de ces technologies par chacun et de leurs effets de masse.

Les acteurs économiques et gouvernementaux vont devoir s’assoir rapidement autour de la table et considérer l’arrivée soudaine et massive de ces nouvelles technologies et nouveaux savoir-faire dans notre paysage économique et industriel.

Même s’il existe des opportunités de développement  d’affaires, chaque médaille a son revers et on risque d’assister à la mort d’entreprises qui n’auront pas su ou pu œuvrer à temps pour intégrer le marché des objets connectés et des technologies autour d’eux dans leurs processus d’affaires , que ce soit pour améliorer ses processus, ses bénéfices, renouveler ses marchés, etc. Si les pouvoirs publics ne réagissent pas à temps pour réorganiser les capacités industrielles et économiques des régions, nous risquons de voir certaines d’entre elles démunies totalement d’activités économiques.

  • Aux autorités de devoir penser à mettre en place des mesures favorisant des pôles économiques et compétitifs locaux, en mettant en œuvre des processus et projets collaboratifs interentreprises et inter métiers, visant à favoriser un renouveau industriel régional et surtout compétitif face aux marchés émergents. Pensons par exemple, qu’en 10 ans la Ville de Montréal, elle-même, a perdu plus de 60 000 emplois manufacturiers, avec des usines qui fermaient les unes après les autres devant faire face aux effets de la mondialisation et aux enjeux de délocalisation des industries manufacturières. Que dire de certaines régions?
  • Et aux entreprises de devoir repenser leurs structures organisationnelles, ainsi que la façon dont les décisions sont prises, comment les opérations sont gérées et comment les processus sont conçus. Le développement de produits, par exemple, devra tenir compte de la capacité de capture et d’analyse des informations. Il faut donc que les entreprises commencent à prendre des mesures dès maintenant pour se positionner face à ces changements en utilisant les nouvelles technologies et ainsi optimiser leurs processus d’affaires dans lesquelles les approches traditionnelles ne seront plus suffisantes.
  • Au secteur de l’éducation de se doter rapidement de plans de formation de nos futurs jeunes entrepreneurs et travailleurs pour leur fournir les armes nécessaires pour faire face à cette révolution et trouver leur chemin dans cet eldorado économique qui peut briller pour nous comme pour tant d’autres.

L’avenir de demain – qui est à notre porte -, doit être considéré dès aujourd’hui par une coparticipation de tous les acteurs de notre société, et ce à tous les niveaux. Que ce soit par des initiatives locales, ou à plus grande échelle, chaque action peut aider notre économie à faire face à  tant de bouleversements, sociétaux, industriels, législatifs, humains et commerciaux.

De la relation de l’être humain avec les objets intelligents

La connexion des objets avec des applications et nos téléphones intelligents, au travers les réseaux de télécommunications change notre rapport avec la machine. Nous entrons dans une ère d’interactivité invasive et non tactile.

En effet, nous entrons dans une zone de relations hommes/machines où l’interaction n’est plus limitée à celle d’un contact avec la machine. Nous ne sommes plus forcés de toucher ce que nous pouvons saisir : nous passons d’outils utilisables à une faculté de contrôle de ceux-ci.

  • Nous pouvons penser à notre capacité de contrôler par exemple des avatars grâce à une  caméra dans un jeu, ou le contrôle à distance d’un drone par un casque sur la tête.
  • Grâce à la disposition de capteurs répartis dans une zone géographique et la possession d’un téléphone cellulaire ou de tout autre objet communicant  nous pouvons aujourd’hui déclencher des actions à distance : pensons à l’allumage automatique et contrôlé selon la luminosité ambiante des lampadaires dans une ville intelligente à l’approche d’un véhicule ou d’un piéton, au déclenchement d’une notification automatisée et profilée d’un magasin dans un centre d’achat en passant devant la vitrine, au contrôle automatique du chauffage d’une pièce dans nos maisons selon que nous entrons dedans ou nous la quittons, etc.

Avec les nouvelles technologies NFC, Bluetooth et autres protocoles qui se mettent en place, nous constatons une augmentation du nombre potentiel d’interactions de l’homme avec la  machine, avec une propension au déclenchement sans contact, venant ainsi réduire nos besoins d’action individuelle. À court terme nous allons pouvoir constater une plus grande symbiose fonctionnelle entre l’objet et le comportement de l’être humain, et un changement de paradigme qui débouche plus sur l’interaction que l’action, c’est à dire un stade où la machine répond à l’utilisateur comme s’il était devenu le prolongement de son désir d’agir et de sa nécessité à agir.

Un exemple? 🙂

L’arrivée au Japon d’un soutien-gorge doté d’un capteur connecté à un téléphone intelligent. Celui-ci est capable d’analyser votre rythme cardiaque, Mesdames, et si les battements de cœur sont intenses…. Il se dégrafe tout seul! Pas de panique, les concepteurs sont formels, l’ouverture du soutien-gorge se déclenche uniquement avec des battements de cœur déclenchés par le grand amour … À suivre!

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