La crise bénéfique pour le logiciel libre

2009 avril 7
by Yann@

Quand la crise touche tous les secteurs, du manufacturier au tertiaire en passant par le secteur des TI, le logiciel libre bénéficie de la faveur des entreprises qui voient en lui une possibilité à faire des économies sans pour autant stopper toute modernisation des infrastructures technologiques.

C’est le constat, semble t’il, qui se propage dans les allées du salon “Solutions Linux” dédié au système d’exploitation libre d’accès Linux et aux logiciels libres (open source) qui se tient à la porte de Versailles à Paris, où le ton est plutôt à l’optimisme.

À l’inverse des logiciels sous licence, dominés par Microsoft, ces solutions offrent un accès à leur code source (leur “noyau”), ce qui permet à tous de les utiliser et surtout de les transformer.

Quelques constats :

  • “Le nombre de contacts spontanés a quasiment triplé entre début 2008 et aujourd’hui”, relève Nicolas Barcet, de la société Canonical qui fournit Ubuntu, une des versions les plus connues de Linux, adoptée notamment par la gendarmerie et l’Assemblée nationale françaises. “Avec la crise, les grands comptes et l’administration semblent accélérer le pas, motivés par les réductions de coûts”, assure-t-il.
  • Selon une récente étude menée par le cabinet de marketing IDC pour le distributeur de logiciels libres Novell, “plus de la moitié des responsables informatiques interrogés prévoient d’accélérer l’adoption de Linux en 2009″, mettant en avant des «facteurs économiques».
  • Une confiance confirmée par les prévisions des analystes: le marché français, le plus gros d’Europe, devrait croître de 38% en 2009 pour atteindre 1,5 milliard d’euros, puis de 32% en 2010, après une hausse de 51% l’an dernier, d’après la société d’études Pierre Audoin Consultants. “Alors que nous prévoyons globalement une croissance nulle” du secteur informatique cette année, “par contre nous pensons que le logiciel libre ne subira pas tellement d’impact” de la récession, note l’analyste Mathieu Poujol.

Le budget n’est plus le seul moteur d’intérêt!

Même si le coût final d’adoption de logiciels libres n’est pas forcément moins important – il faut bien l’avouer – les entreprises estiment qu’un tel choix leur permettra de garder des emplois d’informaticiens en interne au lieu de sous-traiter les prestations, un argument nouveau apparu avec la crise.

Les entreprises ont désormais «la maturité nécessaire pour faire évoluer leur système d’exploitation vers un monde plus ouvert» constate aussi un dirigeant de Novell.

Le contexte économique «met un coup de projecteur sur l’open source», reconnaît Véronique Torner, co-présidente d’Alter Way, une des entreprises du secteur qui compte dans ses clients de grands groupes tels que Bolloré, Décathlon ou EDF. «Mais il faut être capable d’en relever les défis, il faut mûrir», prévient-elle. Parmi les axes de transformation, elle préconise d’«accélérer la consolidation» d’un marché trop fragmenté, de donner plus de visibilité aux directeurs informatiques en adoptant une «démarche plus industrielle» et de continuer à innover.

Certains hésitent cependant toujours à se convertir, rebutés soit par le manque de prise en charge des applications, soit par “la mauvaise interopérabilité avec Windows et d’autres environnements”.

Il est vrai aussi que le monde du logiciel libre doit encore se professionnaliser et surtout obtenir l’appui des grands acteurs des TI.

Il est encore trop souvent placé sur le terrain idéologique et associatif, sans doute par le manque de capacité des petites entreprises spécialisées en open source – qui ont concouru à le voir émerger et il faut les en remercier -  à pouvoir répondre à la mise en place d’architectures globales hybrides, combinant logiciels propriétaires et logiciels libres, et s’appuyant sur des approches méthodologiques internationales (ITIL, CMMI, Macroscope, …).

Il est donc à souhaiter que les grands des secteurs des TI incorporent rapidement des offres structurées en logiciels libres dans leurs catalogues de solutions Affaires et TI.

4 réponses leave one →
  1. 2009 avril 7

    Au niveau du Web, les solutions open source sont très en demande et semblent être de plus en plus gage de qualité… Firefox est egalement de plus en plus utilisé…Pour une raison que j’ignore rares sont les gens qui ne sont pas en TI qui prennent le risque d’installer Linux sur leur poste de travail malgré le fait que la stabilité, la diversité des applications et le visuel sont tout simplement époustouflant!

    Continuons la propagande, nous y arriverons!

  2. 2009 avril 7

    Tranquillement la maturité du logiciel libre fait ses preuves. Dans un acdre d’organisations gouvernementales – pour Québec, notamment -, il existe plusieurs problématiques, la première de toutes étant un manque évident et affiché du gouvernement – je parle ici des plus hautes instances – à supporter l’adoption du logiciel libre. Le gouvernement du Canada et même notre bonne vieille reine sont plus avancés que le gouvernement du Québec. Peut être Mr Charest va t-il prendre conscience qu’un discours en faveur de l’adoption du logiciel libre, d’économies à moyen terme et de support au développement durable grâce aux TI open source – je ne parle même pas du fait de promouvoir une économie locale – seront un moyen pour lui de s’approprier une satisfaction populaire. Hélas, nous ne sommes pas en période électorale pour faire du populisme et avoir quelques décisions éclairées.

  3. 2009 avril 8

    Aux ateliers du libre à Montréal, on retrouve toutes sortes de profils d’utilisateurs qui utilisent des logiciels libres, par forcément GNU/Linux mais comme on le sait, les logiciels libres sont généralement multiplateformes.

    On parle beaucoup d’adoption en entreprise mais pour moi, le logiciel libre passera toujours par son adoption à la base, soit des utilisateurs curieux et qui désirent des outils stables, mis à jour régulièrement et dotés d’une communauté d’entre-aide sans pareil.

    P.S.: petit problème d’édition, ce passage apparait en double :
    “Le budget n’est plus le seul moteur d’intérêt!

    Même si le coût final d’adoption de logiciels libres n’est pas forcément moins important – il faut bien l’avouer – les entreprises estiment qu’un tel choix leur permettra de garder des emplois d’informaticiens en interne au lieu de sous-traiter les prestations, un argument nouveau apparu avec la crise.

    Les entreprises ont désormais «la maturité nécessaire pour faire évoluer leur système d’exploitation vers un monde plus ouvert» constate aussi un dirigeant de Novell.”

  4. 2009 avril 8

    Merci Robin pour ton commentaire, avec lequel je suis d’accord :la base a toute son importance, mais la gouvernance tout autant.
    PS : J’ai corrigé ma coquille d’édition… le multitâches me va de moins en moins ;) .

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